La galerie PARIS-B a le plaisir de présenter Un corps qui tient, la première exposition personnelle de Tatiana Gorgievski dans son espace PB Project.
Alors que les travaux antérieurs de Tatiana Gorgievski exploraient la fragmentation ou la fusion des corps dans des espaces confinés, cette nouvelle série, intitulée Un corps qui tient, marque un tournant vers l’affirmation de la figure.
Pour Tatiana Gorgievski, la peinture est un moyen d’affronter la réalité sans le recours au langage. Ancienne étudiante en philosophie à l’École normale supérieure, elle a mis de côté l’analyse théorique pour explorer une vérité qui ne peut être énoncée, mais qui doit au contraire être vécue à travers les sens.
Son travail se déploie à travers un processus profondément introspectif : la toile devient le réceptacle d’une quête intérieure où l’image n’est pas prédéterminée, mais extraite du médium lui-même. Dans cette pratique de l’immédiateté, sans esquisse ni plan fixe, elle laisse la couleur se répandre librement sur la surface, puis dessine à partir des formes qui émergent, les approfondissant au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Au sein de ce dialogue avec la matière, les qualités physiques, presque épidermiques, de la peinture éveillent l’émotion et guident le mouvement de l’œuvre.
« Il en va, dans la peinture de Tatiana Gorgievski, d’une énergie de la porosité. Le net ou le flou, les couleurs froides ou les couleurs chaudes, pulsent à travers la toile pour faire apparaitre ou disparaitre les corps. »
— Elora Weill-Engerer
Le titre, Un corps qui tient, évoque à la fois la résistance de l’individu face au monde et la possibilité de retenir quelqu’un, ou d’être retenu par quelqu’un d’autre. L’exposition explore la manière dont une présence parvient à s’imposer, même lorsque ses contours commencent à s’estomper.
Au cœur de ce dialogue intime sur la toile, Tatiana Gorgievski explore ce qui se dégage de l’interaction : l’identité, l’émotion et le lien avec les autres. Le corps devient une source de soutien, un lieu d’ancrage mutuel dans les représentations de l’amour ou du désir, mais il peut aussi être le théâtre d’une fracture. Dépouillées de leur membrane protectrice, ces figures ne sont plus seulement menacées par la dissolution ; elles cherchent leur propre stabilité et leur propre présence à travers le contact ou la confrontation.
Les figures qui se dessinent vivent dans un état de suspension, où la présence s’affirme avec force au moment même où elle menace de disparaître. En suspendant toute certitude, Tatiana Gorgievski permet à des états ambivalents de coexister : la tendresse se mêle à une forme de brutalité latente, et l’élan du désir semble indissociable d’un sentiment de perte.




Catalogue des œuvres
Née à Paris en 1997, Tatiana Gorgievski vit et travaille à Paris. Après un master en philosophie à l’École normale supérieure de Lyon (2020), elle a choisi d’ancrer sa recherche conceptuelle dans la matérialité et a intégré l’ENSAV La Cambre à Bruxelles, où elle a obtenu son diplôme en 2024. Son travail a rapidement attiré l’attention internationale grâce à des résidences à la Fondation Moonens et à Los Angeles (The Cabin), ainsi qu’à ses récentes expositions personnelles à Bruxelles. Présente dans les grandes foires d’art telles qu’Art Brussels et NADA New York, elle s’impose aujourd’hui comme l’une des voix les plus originales d’une nouvelle génération de peintres.


