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    Touchant à une esthétique de la disparition, les œuvres de Léa Belooussovitch nous interrogent sur notre rapport à la violence, notamment des images, liées aux faits de société et mettent en lumière la vulnérabilité d’un moment précis, rendant compte d’une forte humanité. Le dessin reprend l’image journalistique nette, aux couleurs vives capturant sur le champ et sans aucun détour la souffrance extrême des individus. L’information visuelle provenant du médium photographique est ainsi rendue plus tolérable par le biais de sa transcription manuelle.

    L’image apparait comme évanescente, tel un fantôme, devenant l’empreinte de sa source dans nos mémoires. Son pouvoir est pourtant là, dans cette retranscription intime d’un récit d’une brutalité telle qu’elle empêcherait le regard de s’attarder. C’est justement cet écart entre le référent et le référé que met en avant le travail, cette distance qui nous en éloigne tout en étant proche physiquement de l’œuvre.

    Née à Paris en 1989, Léa Belooussovitch vit et travaille à Bruxelles. Après l’obtention d’un master en dessin à l’ENSAV La Cambre en 2014, elle est nommée pour l’édition 2016 du Prix Révélations Emerige. Elle est lauréate 2018 du prix Jeunes Artistes du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En 2020, elle est lauréate du Prix des Partenaires du Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métrople.

     

    Demande d'information

      LÉA BELOOUSSOVITCH

      Née en 1989 à Paris.
      Vit et travaille à Bruxelles.

      COLLECTIONS

      Collection du Musée d’Ixelles, Belgique
      Collection du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Belgique
      Collection du Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne Métropole, France Collection Frédéric de Goldschmidt, Bruxelles
      Frac Auvergne, France
      Belfius Art Collection, Belgique
      Thalie Lab Foundation, Belgique
      Collection Ömer Mehmet Koç, Turquie
      Fondation Privée du Carrefour des Arts, Belgique
      Collections privées, Belgique, Luxembourg et France

      FORMATION

      2009-2014
      ENSAV La Cambre, Bachelor and Master’s degree: Drawing, Bruxelles, Belgique
      2008-2009
      Classe préparatoire option Arts, Atelier de Sèvres, Paris, France
      2007-2008
      École supérieure Estienne, MANAA, Paris, France

      EXPOSITIONS PERSONNELLES

      2022
      Le Chant des Cygnes, PARIS-B, Paris, France

      2021
      Feelings on Felt, Musée d’Art Moderne et Contemporain Saint-Étienne, Saint-Étienne, France

      2019

      EIDÔLON “Before my gaze thy soul’s eidolon stands”, Galerie Paris-Beijing, Paris, France
      Purple Blanket, IMAGE/IMATGE Centre d’art, Orthez, France
      Perp walk, Le Botanique, Bruxelles, Belgique
      Percepts, Esther Verhaeghe Art Concepts, Place du Châtelain, Bruxelles, Belgique

      2018
      Sous l’image, Galerie Les Drapiers, Liège, Belgique

      2017
      Rémanences, galerie Paris-Beijing, PBProject, Paris, France
      FACEPALM, Maac-Maison d’art actuel des chartreux, Bruxelles, Belgique

      2015
      Léa Belooussovitch : Public View, Solo Show, Platform 102, curator Odie R.Cash, Bruxelles, Belgique

      EXPOSITIONS COLLECTIVES

      2022
      La Vie Matérielle, commissaires: Marina Dacci et Carine Fol, La Centrale, en collaboration avec La Fondation Palazzo Magnani, Bruxelles, Belgique

      2021
      Etat Pictural, organisée par Claude Lorent, Belgian Gallery, Namur, Belgique
      Bye Bye His-story, organisée par Emmanuel Lambion, Centre de la gravure et de l’image imprimée, La Louvière, Belgique

      2020
      What you’ve missed, Galerie Paris-Beijing, Paris, France
      Young Belgium – Opus 1 – Ineffable, La Patinoire Royale, Bruxelles, Belgique
      Art cares covid, organisée par Maelle Delaplanche, Musée Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles, Belgique

      2019
      Women Underexposed, Belfius Art Collection, Bruxelles, Belgique
      Prix Médiatine 15#1 Manifeste pour une création visuelle actuelle, Centre Wallonie-Bruxelles, Paris, France
      Le réel dispose de son invention, Centre d’Art Contemporain Les Tanneries, Amilly, France

      2018
      Sans tambour ni trompette, Curated by Julie Crenn, Centre d’art Faux Mouvement, Metz, France
      Summer group show, Galerie Paris-Beijing, Paris, France

      2017
      Tremblements, galerie Valérie Delaunay, Paris, France
      Session#6 : Système, Galerie Paris- Beijing, Paris, France
      The birth of tragedy, group show, Frederic Collier/contemporary, Bruxelles, Belgique
      Friche, le hangar de la Senne, Bruxelles, Belgique
      Mediatine Prize, exhibition with the laureates, La Médiatine, Bruxelles, Belgique
      L’art pour l’ Accueil, exhibition & charity event, H18, Bruxelles, Belgique

      2016
      Une inconnue d’avance, Bourse Révélations Emerige, group show curated by Gaël Charbau, Villa Emerige, Paris
      Déformation Professionnelle, group show, galerie Paris-Beijing, Paris
      Collecting, 5 ans de soutien à la création, Maison des Arts Anderlecht, Bruxelles, Belgique
      De la lumière, group show, Francis Carrette gallery, Brussels
      S.Balleux, L.Belooussovitch, S.Bonin, H.Prinz, group show, D+T Project gallery, Bruxelles, Belgique
      Garden Party & Auctions, Museum Dhondt-Dhaenens, Deurle, Belgique
      Learning how to see again, WYA’s European Arts Forum, Bruxelles, Belgique
      5/5, end of residency show, Fondation privée du Carrefour des Arts, Brussels
      Paperworks, group show, Antena gallery, curator Odie R.Cash, Chicago, USA
      Somewhere over the rainbow, group show, HD gallery, Bruxelles, Belgique
      Friche, group show, PIAS Anderlecht, Bruxelles, Belgique
      Spatial Sublation, 4 solos shows project, curator Jana Haeckel, WIELS, Bruxelles, Belgique
      Nevertheless, a two-part project with João Freitas, Musumeci Contemporary, Bruxelles, Belgique

      2015
      The Waste Land, group show, galerie Nadine Feront, Bruxelles, Belgique
      Contemporary Multiples and editions, Platform 102, Bruxelles, Belgique
      Not an opening…just a peek, Fondation Moonens, Bruxelles, Belgique
      Friche, group show, LaVallée, Bruxelles, Belgique

      2014
      Autrement dit, Trade Mart, Bruxelles, Belgique
      Friche, open house à Anderlecht, Bruxelles, Belgique
      Carte de visite, group show, Vanderborght building, Bruxelles, Belgique

      2013
      Not ordinary view, group show, Galerie Artecontemporanea, Bruxelles, Belgique
      Color rooms , group show, Galerie Starter, Neuilly-sur-Seine, France
      Désorienté(s), group sh ow, ISELP, Bruxelles, Belgique

      2012
      L’inquiétante étrangeté, group show, Galerie Oberkampf, Paris
      Emergences Numériques, group show, Festival Transnumériques, Bruxelles

      2011
      Museomix, projet collectif avec la Mosquito Agency, Musée des Arts Décoratifs, Paris
      Zapping, in-situ installation de dessins, RTBF, Bruxelles, Belgique

      RECOMPENSES

      2017 – 2021
      Bourses annuelles d’aide à la création de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Belgique

      2020
      Laureate du Prix des Partenaires, Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole, France

      2018 Laureate du Prix du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Belgique

      2017
      Laureate of Prix COCOF, La Médiatine, Bruxelles, Belgique
      Laureate of Bourse COCOF Maac 2017, Belgique

      2016
      Nominee Bourse Revelations EMERIGE, Paris

      2014
      Laureate of the MOONENS prize 2014, Belgium

      RESIDENCES

      2017
      Residency at MAAC : Maison d’Art Actuel des Chartreux, Brussels

      2015-2016
      Residency at Fondation Carrefour des Arts, Brussels

      2014-2015
      Residency at Fondation Moonens, Brussels

      PUBLICATIONS

      2020
      « Léa Belooussovitch – Sédation du mal », par Constantin Chariot
      « Léa Belooussovitch: On Feelings & Felt », par D. Joyce-Ahearne

      2019
      « Léa Belooussovitch, Le carême des images », par Gaël Charbau
      « Purple Blanket », entretien, Centre d’Art Contemporain Image/Imatge

      2018
      « Sous L’Image », par Emmanuel D’Autreppe

      2017
      « Rémanences », par Sandra Caltagirone in L’Art Même
      Group show « Newwwar. It’s just a game ? », Bandjoun Station par Marion Zilio,
      Group show, « Tremblements » par Julie Crenn
      Solo show at Maac Brussels, « Facepalm », par Catherine Henkinet
      « Portrait : Léa Belooussovitch », Focus Le Vif June, par Michel Verlinden

      2016
      « Léa Belooussovitch », Bourse Révélations Emerige 2016 par Marine Relinger
      « Reframing reality », Bruzz n°1540 / p.46, par Kurt Snoekx
      « Haunting images, imagined truth : On the work of Léa Belooussovitch », Spatial Sublation show, Wiels, par Jana Haeckel
      « Nevertheless » a project with Joao Freitas, par Rosa Anna Musumeci

      2015
      « Léa Belooussovitch : Public View », Solo Show at Platform 102, Brussels, par Odie Rynell Cash

      2014
      « Notes »

      • Rencontre avec Léa Belooussovith | MAMC Saint-Étienne

      Léa Belooussovitch, Le carême des images
      – Par Gaël Charbau, avril 2019

      Lors d’une conversation récente, Léa Belooussovitch me confiait que le public lui réclamait souvent de voir les photographies originales dont sont tirés ses dessins sur feutre. C’est une demande qu’elle a toujours refusée et pour cause, puisque cette série consiste justement à présenter une image par l’intermédiaire d’un travail artistique pensé à l’inverse de l’esthétique de ces clichés qui nous assaillent quotidiennement. Rappelons-en le principe : à partir d’une image particulièrement violente -ou, devrait-on peut-être plutôt dire, correspondant à la violence quotidienne à laquelle nous nous sommes habitués– trouvée dans les médias et issue de l’actualité, Léa Belooussovitch en fabrique une copie, un double, une alternative. Elle fait subir à cette image une série de transformations qui la déconstruisent définitivement. Tout d’abord, elle la recadre en ne se concentrant que sur un détail dont elle modifiera inévitablement l’échelle dans son format final. Ensuite, plutôt que de verser dans un hyperréalisme revenu dans l’air du temps, elle produit cette nouvelle image sur un support inattendu : le feutre. Loin de l’aspect glacé des magazines ou lissé de nos écrans, ce matériau fibreux exploité depuis l’antiquité convoque immédiatement une sensualité, une « corporéité par défaut » pourrait-on dire, puisqu’il sert avant tout à protéger du froid . Enfin, ce support se dégrade naturellement sous l’effet des coups de crayons dont l’artiste couvre sa surface. Aux impressions nettes et piquées de l’image originale, le rendu devient ici duveteux, velouteux, presque poudreux, formant des nuages de couleurs se fondant les uns dans les autres, à tel point que sans en connaître l’origine, on jurerait regarder une image purement abstraite. Ces trois opérations, recadrage, changement de support et « rematérialisation », arrachent non seulement les images à leur contexte médiatique, mais aussi à leur destination. C’est un peu comme si Léa Belooussovitch se muait en une sorte de ravisseur, et il faudrait l’entendre dans les deux sens que l’on pourrait prêter à ce terme : capturer, mais aussi pourquoi pas ravir, dans le sens d’enchanter.

      Ces clichés d’actualités, crus et jetés à nos regards -scènes de guerre, images de réfugiés, attentats- l’artiste les sélectionne la plupart du temps parce qu’elles exposent des victimes saisies, malgré elles, sur le vif. Ce que crée l’œil mécanique ou numérique dans les mains du photographe, c’est un théâtre, une scène qui intègre à l’avance notre réaction évidemment pleine d’émotion, dans le temps figé d’un instantané. A l’inverse, le temps long que l’artiste consacre à ses activités, celui où d’abord elle épluche les médias pour trouver ces images, puis celui de leur métamorphose en œuvres dessinées, pourrait correspondre à une entreprise de réparation. Comme si le temps de l’atelier devenait celui de la guérison, un pas en arrière du trop-visible, une forme d’économie et pourquoi pas, d’écologie du regard.

      La nouvelle série « Executed Offenders » (2019) procède d’une même logique de gestes, où le déplacement du point de vue tout comme le temps que l’artiste consacre à la réalisation de l’œuvre semblent offrir comme un dépaysement -comme on le dit des affaires judiciaires- de notre jugement. Léa Belooussovitch reproduit dans cette série les dernières paroles de condamnés à mort de l’Etat du Texas, recueillies avant le début de la procédure. Ces derniers mots sont recensés, sobrement et administrativement depuis plusieurs années sur le site internet du Texas Department of Criminal Justice. Dans ce crépuscule du langage, les détenus y crient leur innocence, demandent pardon ou adressent leurs dernières pensées à leur famille… Sur des grandes feuilles de papier, l’artiste recopie soigneusement à l’aide d’un pochoir, lettre par lettre et au stylo à bille, les quelques phrases prononcées. Cette technique manuelle et fastidieuse provoque de légers écarts d’interlettrage, de subtils décalages d’alignement des caractères apparaissent. La typographie choisie par l’artiste est linéale, proche du caractère Helvetica tandis que les textes sont présentés sur des grandes feuilles blanches sans recherche particulière de mise en page. Aucun effet n’est visible, mis à part ces petits accidents d’approche qui trahissent une exécution artisanale Or, c’est justement dans l’extrême réduction de la proposition que l’artiste parvient à concentrer cette émotion que nulle image ne pourrait rendre, dans ces mots parfois naïfs ou difficiles à comprendre, et grâce auxquels on se figure par défaut le visage d’un condamné jugé pour des atrocités commises : une empathie par delà le bien et le mal.

      La série Facepalm (2017) présente quant à elle six portraits de femmes tirés des archives numériques du Chicago Tribune et datant de l’époque de la prohibition aux États-Unis. L’artiste a recadré les clichés pour ne présenter que le visage de ces « femmes de bandits », saisies au moment du « Perp walk » . A nouveau, Léa Belooussovitch a escamoté le contexte qui nous permettrait de situer l’image dans son histoire et son environnement : de la scène originale, il ne reste que le visage noir et blanc en gros plan d’une personne qui essaie d’échapper aux regards et aux objectifs, dissimulant sa honte dans ses mains, par ce geste nommé « facepalm » et dont Masaccio a peut-être peint le plus célèbre exemple en 1425 dans « Adam et Eve chassés du Paradis ». En dissimulant ainsi le visage d’Adam derrière ses deux mains, le peintre Florentin trouvait une solution formelle pour nous obliger à projeter, dans ce que nous ne pouvons voir, la violence du déchirement ressenti. Cacher, pour mieux incarner. L’intensité de cet instant terrible semble se renforcer dans l’œuvre de Léa Belooussovitch par le support sur lequel l’artiste a choisi de reproduire l’image : il s’agit d’un textile satiné, flottant légèrement au devant de la cimaise, suspendu à une fine baguette. A la violence de ce regard traqué s’oppose la fragilité d’une surface qu’un courant d’air pourrait balayer. Et une fois encore dans un dispositif où la sensibilité, la fragilité, la gracilité s’affirment comme par résistance à la scène telle qu’elle fût fixée sur la pellicule.

      Sans ériger une quelconque morale, les œuvres de Léa Belooussovitch empruntent ainsi une sorte d’esthétique de la rédemption, comme si son travail consistait à délivrer les clichés ou les documents qu’elle collectionne des pulsions de voyeurisme qui ont façonnées notre relation aux images. Plutôt que de crier plus fort, plutôt que de surjouer les codes de la communication visuelle, elle fait comme régresser l’image, elle la replie dans une approche mentale, tenant à distance les démons de l’immédiateté et du sensationnel pour nous installer dans le temps plus long, plus responsable de la contemplation, sans rien sacrifier à ce mystère de montrer et de voir, qui est le propre de notre humanité.

      Texte extrait du catalogue d’exposition collective « Newwwar. It’s Just a Game? »
      – Par Marion Zilio, novembre 2017

      À l’image de l’artiste Joseph Beuys, dont la mythologie personnelle dit qu’il fut recueilli et soigné par de la graisse et du feutre à la suite du crash de l’avion qu’il pilotait, l’usage du feutre chez Léa Belooussovitch porte l’empreinte d’une action thérapeutique. Si le feutre mène à la guérison ou protège les meubles lors d’un déménagement, il atténue aussi les sons. Chez Léa, il absorbe les cris de douleurs et la violence des images, mais dans le même temps, il isole du bruit des informations : du relais tant attendu de ceux pour qui le crime est devenu un spectacle. Le mitraillage de l’information, non content de nous hypnotiser et de nous maintenir dans un état de peur quotidien, a le double effet d’amplifier la présence terroriste et de starifier les protagonistes, à défaut des victimes.

      Les dessins réalisés par Léa Beloousssovitch proviennent des images postées sur internet du double attentat suicide qui eut lieu à Maroua, dans l’extrême nord du pays en juillet 2015. Parce qu’elle abrite le commandement des opérations de l’armée camerounaise, cette région régulièrement ciblée par les insurgés nigérians de Boko Haram est devenue le théâtre d’affrontements sanguinaires. Sur ces images, non soutenables, Léa pose un voile de pudeur et choisit celles dont un fond d’humanité transperce et nous empêche d’accepter la fatalité. Car c’est la seule image que les consciences endeuillées doivent retenir. Dans l’impossible résilience, ses images aux formes floues et duveteuses exercent sur celui qui les regarde une attraction qui le plonge dans la couleur et la douceur de la matière. Sorte de régression réconfortante, Léa inverse le processus d’hypnose, ce n’est plus l’image atroce qui s’imprime en boucle dans les cerveaux, mais une brume dont on espère qu’il ne sera plus qu’un lointain souvenir.

      Exposition collective « Newwwar. It’s Just a Game? », Bandjoun Station, Cameroun, 17 novembre 2017 – 30 juin 2018. Sous le commissariat de Marion Zilio, commissaire d’exposition et critique d’art.

      Texte extrait du dossier de presse de l’exposition collective « Sans tambour ni trompette »
      – Par Julie Crenn, septembre 2017

      Le feutre blanc, matériau isolant et protecteur, est le support des dessins de Léa Belooussovitch. L’artiste travaille à partir d’images prélevées sur Internet. Elles témoignent d’évènements extrêmement violents, des images de guerres et/ou d’attentats dont les victimes sont au premier plan. Elle recadre les images, se concentre sur un visage, une situation d’extrême urgence. Aux victimes, l’artiste souhaite leur rendre une forme d’anonymat et une part de dignité. Munie de crayons de couleur, elle frotte avec vigueur le feutre. Les images devenues floues vont peu à peu se perdre dans la matière duveteuse. L’image originale est méconnaissable, le sujet est abstrait, on y devine à peine les figures. L’œuvre réclame un effort pour établir une mise au point qui s’avère impossible.

      Exposition collective « Sans tambour ni trompette », Musée Massey – Musée International des Hussards, Tarbes, Septembre 2017. Sous le commissariat de Julie Crenn, critique d’art et commissaire d’exposition.