PHOTO LONDON - 2026
Baptiste Rabichon, Yang Yongliang, Jiang Zhi
13 - 17 MAI 2026
National Hall, Olympia, LONDres, angleterre
stand B02
Dans la série « Love Letters », Jiang Zhi photographie des orchidées baignées d’une lumière douce aux nuances de bleu et de vert. Les images reposent sur une composition précise, où de délicates couches de couleur se superposent dans un équilibre maîtrisé. Chaque photographie isole la fleur, la plaçant au centre d’un espace calme, presque suspendu.
Chaque fleur est capturée au moment où elle se consume lentement. La flamme entoure les pétales avec retenue, sans les altérer immédiatement, révélant une tension entre vitalité et disparition. Le feu ne détruit pas instantanément ; il accompagne la forme, la révélant autant qu’il la consume.
En Chine, il est de tradition de brûler des objets en offrande aux défunts dans l’au-delà. Ici, brûler ces fleurs devient un geste symbolique. Jiang Zhi a perdu sa femme, et les orchidées étaient ses fleurs préférées. À travers cette série, il prolonge cet acte d’offrande sous une forme à la fois intime et silencieuse, où l’image préserve ce qui est en train de disparaître.
Jiang Zhi est né en 1971 à Yuanjiang, dans la province du Hunan (Chine). Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Chine en 1995, il développe une pratique artistique qui mêle photographie, peinture, vidéo et installation. Son travail, nourri de fiction et de poésie, explore les réalités sociales et culturelles contemporaines, à la croisée de l’expérience personnelle et de l’observation du quotidien.
Yang Yongliang est connu pour sa réinterprétation contemporaine du shanshui — la peinture paysagiste traditionnelle chinoise — qu’il réinvente à l’aide d’outils numériques. De loin, ses œuvres évoquent des montagnes brumeuses, des forêts sereines ou des rivières sinueuses. Pourtant, en y regardant de plus près, on s’aperçoit que ces paysages sont composés d’éléments urbains : gratte-ciel, lignes électriques, chantiers de construction et embouteillages. Ce passage d’un monde à l’autre reflète une profonde préoccupation face à l’urbanisation rapide, à l’érosion des traditions et à la transformation radicale de l’environnement. Sans être didactique, son œuvre offre une critique subtile des bouleversements environnementaux, économiques et sociaux de notre époque, tout en suggérant la possibilité d’un dialogue entre le patrimoine culturel et la modernité technologique.
Né à Shanghai en 1980, Yang Yongliang a étudié la peinture traditionnelle chinoise auprès du maître de calligraphie Yang Yang pendant dix ans. Photographe, peintre, vidéaste et artiste plasticien, il est diplômé de l’Institut de design de Shanghai et de l’Académie des arts de Chine dans les domaines de la communication visuelle et du design. Il est aujourd’hui professeur à l’Institut des arts visuels de Shanghai.
Baptiste Rabichon compose ses photographies à la manière d’un peintre. Un papier photographique RC lui sert de toile vierge, un terrain d’exploration pour son processus de composition, mêlant photographie argentique, images numériques et projection d’objets divers issus de son quotidien. Dans l’obscurité de la chambre noire, il rassemble ses souvenirs tout en bouleversant notre rapport à la photographie. Des fleurs cueillies quelques jours auparavant sont disposées sur l’agrandisseur et mêlées à des images glanées sur Internet ou dans des magazines. Mais l’approche presque scientifique de son esthétique, qui pourrait évoquer les herbiers des botanistes du XXIe siècle, est troublée par la sensualité d’une mystérieuse silhouette féminine allongée délicatement sur l’image papier.
Les œuvres de Baptiste Rabichon issues de la série Ranelagh explorent subtilement l’interaction perceptive entre l’espace négatif et l’espace positif. À travers une délicate superposition de motifs floraux, l’artiste crée des images dans lesquelles les plans se fondent les uns dans les autres et se révèlent progressivement. Au sein de cet entrelacement visuel, un visage semble émerger avec une touche de délicatesse. Cette apparition à la lisière du visible invite à une lecture attentive de l’image.
Né à Montpellier en 1987, Baptiste Rabichon vit et travaille à Paris. Après des études de viticulture et d’œnologie, il a intégré l’ENSA de Dijon en 2009, puis l’ENSBA de Lyon en 2011 et enfin l’ENSBA de Paris en 2012. En 2015, il a intégré le Studio national des arts contemporains (Le Fresnoy), dont il est sorti diplômé en 2017 avec les honneurs du jury. Il a été lauréat de la résidence BMW 2017 et a participé à la 63e édition du Salon de Montrouge.